Halte à la casse !

Par M.Neugnot • 21 sept 2008 • Categorie: Accès direct, Actions régionales, Actualités de Michel Neugnot, La Tribune

Depuis un an, le gouvernement affaiblit et désorganise les services publics. Il est vrai qu’après les 15 millards d’euros de cadeaux fiscaux reconductibles en direction des plus riches dès son accession au pouvoir, le Président Sarkozy reconnaît que «maintenant les caisses sont vides».

Après avoir transféré aux collectivités territoriales (Départements et Régions) nombre de fonctionnaires d’Etat sans en transférer totalement les moyens de financement à moyen et long terme, le gouvernement déroule son slogan du «non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite». L’objectif poursuivi est la réduction des services de l’Etat au « minimum libéral ». Ainsi, les services publics abandonnés par l’Etat deviennent des marché offerts au privé avec une dégradation du service rendu et un coût prohibitif pour l’usager, à l’image des expériences menées par certains de nos partenaires européens.

Un double mouvement est en cours : une privatisation rampante des services publics et la poursuite de l’insidieux transfert de charges aux collectivités locales et territoriales.

La Bourgogne est en train de payer le lourd tribut de cette politique pudiquement dénomée RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques). Outre que les collectivités doivent assumer toujours plus avec de moins en moins de participations de l’Etat, il n’est pas un territoire, urbain ou rural, qui ne soit affecté par des fermetures de classes, des suppressions d’options et de fillières dans les lycées, des fermetures de services dans les hôpitaux, des fermetures de juridiction de proximité, des fermetures de sites de l’armée, des fusions de services de l’Etat avec réduction des services à la population…. Il n’est pas une ville, un canton de Bourgogne qui ne voient ses élus locaux - de gauche comme de droite ! - signer des pétitions, décendre manifester dans la rue et s’opposer à cette politique néfaste pour nos territoires.

Comment pourrait-il en être autrement quand on sait que cette politique nationale, sous couvert de modernisation, c’est avant tout la suppression de 23 000 poste cette année et 36 000 en 2009, sans compter les suppressions d’emplois sans précédent dans l’armée ?

Cette cure d’austérité aura des conséquences sur l’aménagement de nos territoires.

Il est loin le temps des promesses electorales. Après un an de présidence Sarkozy, le processus engagé de réforme de l’Etat repose sur une vision idéologique libérale qui se décline selon deux axes : l’affaiblissement de l’Etat au profit du privé et la poursuite de l’insidieux transfert de charges aux collectivités locales. Cette réforme n’a pas d’autre but que de faire payer par les usagers des services publics et aux collectivités les cadeaux accordés aux plus fortunés.

Ce dont nous avons besoin, ce n’est pas d’un plan de régression des services publics, mais d’authentiques réformes visant à la fois à mieux satisfaire les besoins des Français et à engager des économies réelles et durables.

Ce dont nous avons besoin, ce n’est pas d’asphyxie des collectivités avec toujours plus de responsabilités et moins de moyens pour les financer, mais d’une véritable politique de décentralisation avec des compétences clarifiées et des ressources à la hauteur des besoins liés à chacune de ces compétences.

Michel Neugnot
Président du groupe socialiste
et radical de gauche

“Tribunes” - Bourgogne Notre Région - juillet / septembre 2008 N°11

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