M. Neugnot : « Nous devons veiller et alerter »

Par M.Neugnot • 14 mai 2009 • Categorie: Accès direct, Actualités de Michel Neugnot
mercredi 13 mai

Interrogé par Laure RIGGI, journaliste au Bien Public, Michel Neugnot revient sur une année de mandature passée au côté du groupe d’opposition municipal : “Accueillir et bien vivre à Semur-en-Auxois. Une équipe au service des semuroises et semurois “qui vise à alerter et conseiller sur ce qui nous semble ne pas aller dans le bon sens”.
Évoquant son mandat au Conseil régional, le Premier secrétaire de la fédération PS de Côte d’Or avoue vivre “une aventure merveilleuse avec François Patriat”. Interview :

Le Bien public. Quel a été votre sentiment lorsque vous avez été battu aux dernières Municipales de Semur ?
Michel Neugnot. - « Un sentiment d’échec personnel, et de gâchis pour la collectivité au regard de la qualité et des compétences de l’équipe que je conduisais ».
LBP. - Avec le recul, comment analysez-vous les raisons de cet échec ?
M. N. - « Je pense qu’il y a trois raisons principales. D’abord, après onze ans de mandat, on est amené à déplaire à un certain nombre de ses concitoyens car l’intérêt général dont on pense être porteur ne correspond pas toujours aux intérêts individuels. Ensuite, une conjugaison d’attaques ciblées sur le thème du centre d’enfouissement technique auxquelles il était difficile de répondre objectivement tant le sujet était devenu passionnel. Enfin, je pense que l’une des raisons de cet échec est un excès de rapidité dans de multiples projets municipaux sans que les Semurois aient eu la capacité de les apprécier ».

« Un sentiment de gâchis »

LBP. - Pourquoi avoir choisi de rester dans l’opposition ?
M. N. - « J’ai eu une demi-heure pour prendre cette décision puisqu’il était prévu une interview en direct à Montbard sur France 3 le soir-même des élections. Ce qui m’est venu à l’esprit à ce moment, c’est la décision prise par Lionel Jospin le soir du 21 avril 2002 et les conséquences de cette décision qui marque encore le PS. Je suis un sportif et je sais que dans la vie, il y a beaucoup plus d’échecs que de victoires. Pratiquant de longues distances, je sais serrer les dents et continuer d’avancer… Ce sont ces éléments qui m’ont fait annoncer à chaud que je resterai au conseil municipal et que je veillerai ».
LBP. - Quel bilan dressez-vous après un an dans l’opposition ?
M. N. - « C’est beaucoup moins passionnant que d’être dans la majorité… et très frustrant pour l’ensemble de l’équipe tant nous avions de projets qui nous tenaient à cœur ».
LBP. - Des projets auxquels il a fallu renoncer.
M. N. - « Oui, nous voulions poursuivre l’aménagement du centre-ville en maintenant l’exigence de qualité que mérite Semur, les travaux de la collégiale, la réfection du gymnase qui devait être terminée pour un coût beaucoup moins important que ce qui est maintenant prévu, la poursuite du développement de la ville en habitat collectif et individuel… Tout un ensemble de projets qui ont été annulés ou repoussés et dont je pense que, pour beaucoup d’entre eux, on ne verra pas le terme avant la fin du mandat en court. Un autre point me tient à cœur, car cela a demandé beaucoup d’efforts aux Semurois pendant les cinq premières années de mon mandat, c’est l’équilibre scrupuleux des comptes de la ville qui, si les budgets 2009 sont réalisés, vont se retrouver dans le rouge ».
LBP. - Certains vous reprochent parfois de former une opposition très virulente.
M. N. - « Notre attitude vise à alerter et conseiller sur ce qui nous semble ne pas aller dans le bon sens. L’opposition, ce n’est pas Michel Neugnot, c’est un groupe qui dépasse le nombre de cinq élus puisque nous préparons les réunions de conseils avec l’ensemble de nos colistiers et nos sympathisants. Les cinq élus sont porteurs de nos décisions collectives et si nous apparaissons quelque peu virulents aux yeux de la majorité, qui je le rappelle ne représente que 47 % des voix, c’est certainement parce que nous visons juste à chaque fois.
Être dans l’opposition est toujours difficile. Pour preuve, on reproche l’inverse au Parti socialiste, à savoir sa difficulté à contrer le pouvoir en place. Dans les deux cas, je pense que la vérité est entre les deux et que le positionnement d’une opposition est toujours affaire de circonstances et dépend aussi du positionnement du pouvoir en place ».
LBP. - Au vu de cette expérience, si les élections avaient lieu demain, que changeriez-vous ?
M. N. - « D’abord rien ne dit que je serais candidat. Pour ce faire, il y a deux conditions : en avoir toujours envie et être le plus en situation de gagner. Si tel était le cas, je pense que c’est plus sur la méthode que sur le fond qu’il sera nécessaire d’évoluer : prendre plus le temps d’expliquer et mieux communiquer sur ce qui est réalisé. En revanche, il est impossible de dire aujourd’hui quelle sera la situation de la ville au terme du mandat. J’ai en tête l’exemple de mon camarade maire de Tonnerre qui, après l’expérience aventureuse de 2001 à 2008, a beaucoup de difficulté à redresser la barre. Les mêmes causes produisant les mêmes effets…»

« Rien ne dit que je serais candidat »

LBP. - Un mot sur votre fonction au conseil régional.
M. N. - « Je vis une aventure merveilleuse avec François Patriat. Grâce à l’action de l’exécutif, la Région est mieux connue et identifiée que par le passé. Au-delà de nos compétences, que nous essayons d’assumer dans l’intérêt des Bourguignons, nous avons développé des politiques dans le domaine du sport, de la culture, de la vie associative, sans lesquelles, dans le contexte actuel de politique gouvernementale, beaucoup d’associations et de collectivités seraient fort dépourvues. Nous avons le sentiment, au cours de ce mandat, d’avoir été utiles à nos concitoyens, notamment dans cette période de crise, avec notre programme régional économique et social qui permet de soutenir ceux qui souffrent le plus ».
LBP. - Maintenant que vous n’êtes plus maire, vous ne vous ennuyez pas ?
M. N. - « Pas du tout. Étant de nature très active, j’ai redéployé mon emploi du temps dans deux directions.
- L’association régionale des Missions locales tout d’abord. Je suis un des seuls élus à avoir été en permanence présent dans les missions locales qui sont des outils au service des jeunes éloignés de l’emploi. Le temps dont je dispose est maintenant entièrement consacré à l’animation du réseau régional des Missions locales et à la participation aux instances nationales qui les gèrent.
- Le centre national de la fonction publique territoriale ensuite, car je crois que la formation des agents de la fonction publique est essentielle dans la qualité des services rendus à nos concitoyens ».
LBP. - Et pour conclure, un mot sur la situation du Parti socialiste.
M.N. - « Le PS est en période de reconstruction avec une grande difficulté à se trouver un leader incontesté. Tous les partis politiques se sont trouvés dans cette situation après un échec aux Législatives. Aujourd’hui, nous sommes en campagne électorale jusqu’aux Européennes du 7 juin prochain et mon travail, en tant que premier fédéral, est d’organiser la campagne pour réaliser le meilleur score possible. Ensuite viendra le temps des Régionales en 2010, des cantonales en 2011, du choix de notre candidat (e) pour les Présidentielles en 2012, suivies des Législatives la même année. Au sein de la fédération, dès les Européennes passées, nous nous mettrons au travail pour mettre en place le meilleur dispositif local permettant de maintenir nos positions et d’en conquérir de nouvelles. Je pense notamment au conseil général de Côte- d’Or ».

Article du Bien Public du 13 mai 2009

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