Les collectivités bien seules face à la crise économique et sociale

Par M.Neugnot • 16 avr 2009 • Categorie: Actions régionales, La Tribune

Pour le président des États-Unis, la crise qui s’abat aujourd’hui sur l’économie est encore pire que le krach boursier de 1929. Cette crise touche d’abord les plus fragiles de nos concitoyens. A la chute du pouvoir d’achat et des revenus liée à la vie chère s’ajoute maintenant le spectre du chômage. En Bourgogne, il n’est pas de semaine sans annonces de suppressions d’emplois industriels - près de 4000 déjà répertoriées - auxquelles s’ajoutent les suppressions programmées dans les services publics (écoles, hôpitaux, administrations).

L’incompréhension face aux réponses apportées par le gouvernement va grandissante. Les enquêtes d’opinion montre clairement le désenchantement des Français envers l’exécutif, désenchantement qui se confirme dans le succès et la popularité des manifestations unitaires des 29 janvier et 19 mars derniers.

La crise qui déferle sur le monde, c’est avant tout la crise d’un système ultra libéral dérèglementé à tous les niveaux, imaginé par l’administration Bush et repris par tous les gouvernements néolibéraux dont l’union européenne regorge.

Rappelez-vous la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy quand il faisait de l’accession à la propriété pour tous, en généralisant le crédit hypothécaire, une des quinze priorités de son programme présidentiel. Rappelez-vous quand il n’hésitait pas, durant ses meetings, à scander « endettez-vous ». Et que dire du devenir du slogan « travailler plus pour gagner plus » à l’heure des licenciements massifs et des fermetures d’usines dans tout le pays.

L’illusion a vécu. La crise financière s’est transformée depuis six mois en crise économique avec des conséquences sociales dramatiques. Loin de prendre la mesure de la situation, le gouvernement n’a toujours pas adopté le plan de relance dont notre pays a besoin.

Les effets bénéfiques attendus de la loi TEPA sont de plus en plus controversés. Parmi les dispositifs inadaptés à la situation, le bouclier fiscal adopté par la majorité UMP-Nouveau Centre dès le mois de juillet 2007 est une mesure profondément injuste qui accentue les inégalités en protégeant les plus fortunés des Français. Injuste à son origine, le « paquet fiscal » est devenu absolument insupportable en cette période de crise économique et sociale qui frappe si durement notre pays. Tous les Français se sentent menacés, beaucoup sont déjà frappés, à l’exception de quelques dizaines de milliers de personnes privilégiées.

Le déficit budgétaire atteint plus de 100 milliards d’euros et l’État continue, avec son bouclier fiscal, à verser à quelques grandes fortunes des chèques d’une valeur moyenne supérieure à 33 000 euros.

Comment, en période de crise économique, ne pas poser le problème de la juste contribution de chacun ? Alors que les États-Unis, l’Espagne, ou la Grande-Bretagne ont décidé de faire contribuer les plus riches à la lutte contre la crise, en France, c’est le contraire, le gouvernement s’accroche désespérément à son « paquet fiscal » et s’enferre dans l’inaction. La suppression du « bouclier fiscal » permettrait de dégager 15 milliards d’euros par an et de mener ainsi une vraie politique pour améliorer le quotidien des Françaises et des Français. Qu’attendent-ils pour le faire ?

Notre critique de la politique gouvernementale face à la crise ne serait pas crédible si nous n’étions pas réactifs en apportant des réponses concrètes et solidaires dans le cadre de nos compétences. Et c’est bien le cas. Dès la session d’octobre une première série de mesures de soutien à la trésorerie de nos fournisseurs a été prise pour les aider à passer le cap.

Puis, dans le cadre de notre budget voté à la mi-décembre, l’investissement a eu la part belle, pour maintenir des emplois dans une période de récession.

Et, après des rencontres avec les filières professionnelles et les représentants des personnels dans les sites industriels les plus menacés, 27 mesures en faveur des entreprises du secteur privé ou de l’économie sociale et solidaire et des salariés en situation de précarité ont été présentées à la session du 23 mars.

Néanmoins, sans un vrai plan de relance gouvernemental coordonné au niveau européen, il est difficile d’imaginer que la réponse puisse venir des seules collectivités locales et territoriales.

Michel Neugnot
Président du groupe socialiste
et radical de gauche

“Tribunes” - Bourgogne Notre Région - avril / juin 2009 N°14

32 pages (3 Mo) - PDF - Télécharger

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