Croissance en berne et morale des Français au plus bas

Par M.Neugnot • 6 nov 2008 • Categorie: Actions régionales, La Tribune

Comment aborder cette rentrée sans parler de l’aggravation des défficultés pour tous nos concitoyens ? Vous êtes de plus en plus nombreux à souffrir. La croissance économique sera d’à peine 1% en 2008, soit deux fois moins que les prévisions du gouvernement. Elle se traduit par une réduction de la création d’emplois sur le territoire et, par voie de conséquenc, une hausse du chômage. Le recul du pouvoir d’achat des ménages est de plus en plus difficile à supporter. Non seulement les chômeurs, mais aussi nombre de salariés à revenus modestes ont des difficultés financières grandissantes et ne peuvent plus faire face à la hausse des prix des produits de première nécessité.

Le gouvernement se retrouve face à son propre échec et le paquet fiscal de 15 milliards d’euros distribués aux plus favorisés le prive de toute marge de manœuvre. Il voulait être le Président du pouvoir d’achat et de la baisse des impôts mais depuis son élection, il n’est pas un mois sans qu’il ne décide la création d’une nouvelle taxe. Que dire du financement du RSA? Après avoir reculé sur le projet initial de le faire financer par les salariés qui touchent la prime pour l’emploi, le gouvernement décide de créer une nouvelle taxe dont seront une fois de plus exonérés les épargnants les plus fortunés.

Quant à la rentrée scolaire elle s’est déroulée dans les pires conditions : suppression massive de poste (25000 en deux ans) et des heures d’enseignement pour les enfants. Le gouvernement poursuit donc sa politique d’affaiblissement de l’Education nationale et cause des difficultés de garde d’enfants en supprimant l’école le samedi matin. Tout cela au détriment de l’enfant et sans concertation ni dialogue avec les ensignants, les parents d’élèves et la communauté éducative.

Côté social, sous prétexte de revenir sur les 35 heures, la droite remet en cause les droits fondamentaux des salariés, en particulier pour la santé et la sécurité au travail. Un simple accord d’entreprise signé par les syndicats minoritaires pourra porter le nombre d’heures supplémentaires de chaque salarié à plus de 220 heures par an. Avec les forfaits-heures, ils pourront être contraints d’effectuer 417 heures supplémentaires par an sans aucune majoration de salaire ni repos compensateur. Avec les forfaits-jours, les cadres pourront être obligés de travailler 282 jours par an, soit tous les jours sauf les dimanches, les cinq semaines de congés payés et le 1er mai. C’est un retour en arrière de plusieurs décennies pour les cadres. Pour tous les salariés, c’est le passage au « travailler plus pour gagner moins ».

Mais le pire est peut-être à venir avec l’attaque en règle d’un des services publics majeurs sur l’ensemble du territoire, La Poste. Le gouvernement a maintenant l’intention de la privatiser en en faisant une société anonyme dont le capital sera introduit en bourse. Cette réforme sonnerait le glas du service public postal, c’est-à-dire de l’un des services publics essentiels à l’exercice réel des droits des citoyens, en l’occurence du droit à la communication. La privatisation de La Poste ne va pas améliorer la qualité du service rendu, mais au contraire la dégrader.

Quand au projet de loi « hôpital, patients, santé et territoire », après la fermeture de services hospitaliers déjà dénoncée, il ne sera pas sans conséquences négatives sur le territoire bourguignon s’il est mené à son terme par le gouvernement.

La situation est grave. Elle se traduit par une baisse du moral de nos concitoyens sur fond de crise internationnale financière et économique. Les collectivités locales et territoriales apparaissent de fait plus que jamais un rempart contre les excès d’un libéralisme totalement débridé.

Michel Neugnot
Président du groupe socialiste
et radical de gauche

“Tribunes” - Bourgogne Notre Région - Octobre/Novembre 2008 - N°12

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